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L’agence digitale n’a pas besoin de chef(s)

En agence, tous les collaborateurs ont le titre de chef ou de directeur. Mais si tout le monde est chef, alors personne ne l’est vraiment : une agence digitale a-t-elle vraiment besoin de chefs ?

Ubu Roi

Ubu Roi d’après Alfred Jarry

L’inflation des titres des collaborateurs d’agence, tous « chef » ou « directeur », révèle-t-elle l’étrange paradigme d’une population dévorée par l’égo ? C’est probablement en partie vrai, mais cette démarche relève surtout de l’adaptation d’une organisation aux contraintes de la création : une agence digitale n’a pas besoin de chefs.

La hiérarchie est-elle l’organisation ?

L’organisation pyramidale est une solution simple et pratique en entreprise, qui permet le contrôle et la délégation. Cela correspond bien à certains métiers, ainsi qu’à l’armée, mais est-ce une solution pour une agence qui ne vit qu’au rythme de ses projets et de la création ?
Le contrôle, le process, le reporting ne sont pas compatibles avec la gestion de projets qui met aux prises un groupe de spécialistes en agence maîtrisant chacun les « moyens de faire » dans leur domaine, avec un client, moins affuté techniquement, mais exigeant et lucide sur les résultats qu’il souhaite obtenir.

Le groupe projet

Plutôt qu’une hiérarchie, l’agence fonctionne en groupes projets, qui se font et se défont en fonction des dossiers du moment. Ce rapport permet une fluidité, un enrichissement des rapports et une souplesse qui s’harmonisent parfaitement avec l’environnement digital. Le chef de projet est au centre de cette organisation cellulaire, en anticipant et en préparant chaque étape de la construction des outils web. Mais est-il pour autant un chef ? A-t-il l’autorité hiérarchique qui caractérise ce titre ? Qui exerce en réalité le pouvoir ?

Un seul enjeu : le final cut

Dans une organisation pyramidale, le chef, parmi ses responsabilités, prend la décision finale et tranche. Il a le final cut des projets. En agence, aucun chef ou directeur ne peut avoir une expertise si globale qu’elle lui permet d’exercer un final cut de qualité sur tous les dossiers, sauf à réduire drastiquement son périmètre d’intervention. Une solution est donc de désigner, individuellement ou collectivement, dans un groupe projets, celui qui va exercer le final cut. Ce pouvoir vit le temps du projet, et un même collaborateur peut participer à un dossier où il a le final cut, et être assujetti à celui d’un autre collaborateur sur un dossier différent.

Ainsi géré, le pouvoir n’est plus un attribut, mais une compétence liée à une excellence, temporaire et souple, à l’image de l’environnement digital dans lequel il s’exerce.

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