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Le séminaire d’entreprise passé au crible

L’entreprise se modernise, l’entreprise se digitalise, l’entreprise fait sa révolution, oui mais, l’entreprise n’est pas prête à abandonner tous ses repères. Parmi eux, le fameux séminaire.

Le mot, poussiéreux à souhait, évoque le parfait kit du management des années 90. En France, on a enfin mis un mot sur notre obsession douteuse à coller des réunions à tout va : la réunionite aïgue. Et donc, on a repris le terme universitaire de « séminaire » pour ériger un genre à part entière, une sorte de réunion bilan : qui sommes-nous, où allons-nous… Bref, nous nous sommes demandés, à l’heure où nous avons ressenti le besoin de « faire le point » tous ensemble sur l’avenir de notre agence, quel serait le modèle d’un bon séminaire ?

Le format

Le séminaire traditionnel est plus qu’une simple réunion, et pour marquer sa différence il a lieu hors des locaux de l’entreprise. Il se déroule souvent sur plusieurs jours, le temps de concilier les présentations power point savamment préparées par le comité de direction, et les activités de groupe où la bonne humeur est érigée en consigne professionnelle. On garde : sortir des locaux de l’entreprise, pour se couper du rythme quotidien et prendre le temps de la réflexion. Selon la taille de la société, un jour pourra s’avérer suffisant, l’idéal étant quand même de prendre deux jours et de quitter Paris. On jette : la débauche de moyens pour organiser des séminaires au bout du monde (on préfère des primes).

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Le séminaire qui valait dix milliards

 Présentations et ateliers

Que se passe-t-il concrètement pendant un séminaire ? Dans la plupart des cas, 4 à 5 personnes se partagent le temps de parole pendant que le reste de l’assistance les écoute religieusement. Du moins au début, parce que la passivité, ça fatigue vite. Du coup, il y a aussi des groupes de travail durant lesquels on fait tous marcher nos méninges autour des thèmes liés à l’entreprise : l’offre commerciale, la communication, les objectifs, le management… Le but étant de comprendre les objectifs de l’entreprise, et quel est le rôle de chacun pour les atteindre. On garde : les présentations traditionnelles, mais en format allégé et en imposant un temps de parole à chaque intervenant. A l’inverse, passer la journée à réfléchir en groupe sans avoir pris connaissance des décisions déjà actées par les véritables décisionnaires, c’est juste de la diversion. En bref : on trouve le bon équilibre entre les présentations formelles et les temps de travail collectifs. On jette : les modèles de power point d’un autre âge, les slides qui comptent 15 lignes en micro-caractères (quelques mots par slide, et c’est tout), les speech interminables et les ateliers collectifs qui s’éternisent.

Le projet d’entreprise

C’est lui la star du séminaire, souvent sa raison d’être : le sacro-saint projet d’entreprise. Et oui, même dans une petite structure, le plan d’action pour le futur de l’entreprise n’est souvent connu que des dirigeants. Le séminaire est l’occasion de le partager, et plus encore de faire un plan de route pour tous les salariés.

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On est les meilleurs. Ou pas.

On garde : comprendre la vision de l’entreprise est une attente forte des collaborateurs, donc c’est essentiel de partager le projet développé par les dirigeants. On attend donc des éléments concrets, compréhensibles, et réalistes. On jette : les poncifs du genre « nous sommes les meilleurs », « nous inventons un nouveau modèle », « le monde entier nous envie »… la glorification de l’entreprise, l’illusion d’être tous nés pour faire prospérer la boîte sans autre contrepartie que la satisfaction d’avoir participé à un acte quasi héroïque. Et oui, le séminaire, c’est un fort moment d’égo pour l’entreprise. Donc on n’oublie pas de se pencher sur les vraies motivations des collaborateurs, qui sont variées et complémentaires (on fera un autre article à ce sujet…).

Le développement personnel

Traditionnellement dans un séminaire, il y a souvent un temps consacré au « travail sur soi », à l’analyse de ses points forts et points faibles et à la confrontation de son profil à une logique de groupe. Cela peut passer par des tests de personnalités ou des jeux de rôles. On garde : on a rarement l’occasion de s’interroger sur son caractère et sa manière de travailler en groupe. Le séminaire peut être une bonne occasion pour mieux se connaître et surtout avoir des pistes d’action pour optimiser sa manière de travailler en groupe. On jette : les exercices old school à mi-chemin entre la mauvaise méditation et les cours de théâtre bas-de-gamme, qui mettent tout le monde mal à l’aise. On préfère une approche de travail tangible et rigoureuse à la relative perception de soi dans l’espace…

Les moments de détente

“Tout séminaire, le plus basique soit-il, mérite de sortir un peu de l’ordinaire.”

On l’a vu, il est de bon ton pour les organisateurs d’un séminaire d’annoncer une carotte qui motivera tout le monde : destination exotique, activités originales, bons repas, le séminaire est souvent teinté d’une touche de luxe qui le différencie d’une réunion standard. On garde : ne crachons pas dans la soupe, ces petits avantages sont plaisants. Tout séminaire, le plus basique soit-il, mérite de sortir un peu de l’ordinaire. A défaut de voyager à l’autre bout du monde, on appréciera un bon repas partagé tous ensemble, et éventuellement une activité sympa, pourvu qu’elle ne soit pas trop excentrique. On jette : certaines activités censées renforcer la cohérence de groupe, comme transpirer tous ensemble avec une bonne vieille rando ou comparer les maillots de bain (pour rester polis) autour de la piscine de l’hôtel.

Bilan

Ce qu’on attend d’un séminaire est finalement assez simple : prendre le temps d’être informé sur l’entreprise, sortir du train-train quotidien et voir les choses à une autre échelle. Sur le fond, de l’authenticité, de l’humilité, de l’honnêteté.

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